Sensibilisation auprès des jeunes

Le questionnement sur l’aide aux victimes de cybercriminalité a conduit l’équipe du SIAVIC à envisager une action proactive et préventive. Pour ce faire, le SIAVIC a ciblé un public particulièrement concerné par l’univers numérique, il s’agit des 15-20 ans. 

Le meilleur moyen de les toucher était de les rencontrer là où ils sont, c’est-à-dire dans leurs collèges et lycées et de les éveiller de manière pédagogique.

Le SIAVIC a donc mené une réflexion en prenant notamment attache avec des professeurs et des chefs d’établissement. Fort a été de constater que les problèmes principaux soulevés lors des conseils d’établissement trouvaient leur source dans les injures, dans les photographies et les vidéos violentes (happy slapping), diffusées via internet et ses réseaux sociaux.

L’idée était de s’ajuster au fonctionnement des établissements et de toucher différentes classes à la fois. Le SIAVIC a donc pris comme support un outil audiovisuel afin de  leur expliquer les fondamentaux du monde numérique, tels que les risques auxquels ils s’exposent, le fonctionnement des réseaux sociaux et ce à quoi ils s’engagent. C’est également un lieu de sondage permettant d’interagir avec les élèves sur leur rapport à internet : le temps qu’ils y passent, ce qu’ils y font. Toute cette action de sensibilisation se fonde sur des textes légaux.

On explique ainsi à ses futurs et jeunes adultes, que le fait d’insulter  une personne, sous le coup de la colère, par le bais de réseaux sociaux est répréhensible. Leur comportement sur les réseaux sociaux n’est pas anodin. Protégé par son écran, on n’imagine pas les conséquences du simple fait d’apprécier ou non, ou d’émettre des commentaires peu flatteurs sur une vidéo ou une photographie.

Nous pouvons citer l'exemple de trois jeunes filles voulant immortaliser une petite sortie. Elles se filment au bord de la plage en maillot et postent leur vidéo sur le compte de l’une d’entre elles.

L’une de ces trois jeunes filles présente une légère malformation. Un commentaire parmi de nombreux autres n’a pas manqué de se moquer de ce léger handicap. Malheureusement, des centaines d’utilisateurs ont approuvé ces propos moqueurs. La jeune fille visée qui s’est empressée de prendre connaissance des commentaires, n’a plus osé revenir au lycée jusqu’à la fin de l’année et ses parents ont dû rechercher un autre établissement.

L’objectif poursuivi par le SIAVIC est d’imprégner cette génération de bons réflexes. On est dans le monde du numérique au même stade que l’automobile il y a 1 siècle. Ce moyen de déplacement était un outil de liberté extraordinaire mais ces utilisateurs n’avaient pas conscience du danger qu’ils représentaient pour tous les autres usagers de la route. Il a fallu créer un code de la route et ensuite instaurer un permis de conduire. S’il n’est pas encore question d’instaurer un « permis de surfer sur le web », peut être faut-il penser à se doter des moyens pour sensibiliser et en éduquer ses utilisateurs.

Si « Le code de navigation sur internet » existe déjà puisque la législation en la matière est déjà fournie, la question n’en demeure pas moins ouverte : Comment faire pour protéger la société des utilisateurs sans restreindre les magnifiques perspectives et libertés qu’offre le réseau numérique et qui est tant prisé par « la génération connectée » ?