Le numérique, un univers ambivalent

Les progrès technologiques des trois dernières décennies ont été surtout ceux de la communication. De la « génération télé » après celle de l’internet, nous sommes passés à la « génération connectée ».  Notre planète, peuplée de près de sept milliards d’habitants, compte cinq milliards de Smartphones. Plus de la moitié  des cinquante millions d’internautes français mais surtout 89 % des 15-25 ans ont un compte Facebook©. La vie quotidienne ne peut plus s’envisager sans internet : notre argent, nos vies professionnelles et sociales, nos loisirs, notre consommation passent par les réseaux. Internet est omniprésent ; au point que pour la nouvelle génération, la vie virtuelle supplante la vie réelle. Le triomphe de l’univers du numérique est incontestable et universel, mais cet univers se caractérise également par son ambivalence. C’est «  la nouvelle terre du meilleur et du pire ». Ce nouvel espace de liberté absolue (?) est à la fois un « catalyseur de la vie privée sociale » et un « fossoyeur de la vie privée personnelle ».

Notre connaissance du monde numérique peut être comparée à la maîtrise du feu : c’est un outil indispensable mais utilisé de manière négligente ou à des fins malveillantes il devient dangereux. Certaines utilisations d’internet sont connues et maîtrisées, elles exposent à des risques qui le sont également. Toutefois le « web » contient également des zones d’ombres qui restent à découvrir. Par définition celles-ci exposent à des risques potentiels inédits et inconnus. Face à l’ensemble de ses risques, l’attitude de la majorité des internautes demeure la même : elle les ignore. Pour la plupart, les internautes utilisent l’outil numérique sans même connaître les risques évitables auxquels ils s’exposent. Une telle attitude est particulièrement caractéristique des jeunes générations, nées avec Internet et qui sont persuadées de maîtriser cet outil. Ainsi, la négligence des internautes est la première source de danger des réseaux numériques et de l’Internet. La seconde source est également liée à l’attitude des internautes, il s’agit de l’utilisation d’internet à des fins malveillantes : la cybercriminalité.